De l’homosexualité choisie à l’homosexualité subie: la liberté de l’homme battue en brêche ?

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S’en rend-on compte ? Un glissement souterrain fondamental s’opère dans les consciences. Il est d’ailleurs en partie à l’origine de la scission au sein même de la communauté homosexuelle quant à l’adhésion ou pas au projet de “mariage pour tous”. Car il faut rappeler aux naïfs défenseurs de ce dernier qu’une petite minorité très active – il faut qu’elle le soit pour justifier les aides financières de l’état – non élue par ses pairs, est en train d’imposer un changement de civilisation à 99% de la population.

A quel glissement fondamental quasi imperceptible fait-on ici allusion ? Etre gay ou lesbienne – plus difficile à défendre dans le cas des transsexuels – n’est pas un choix. C’est une détermination. Détermination d’une telle importance qu’elle devient le fondement même des revendications en cours,  désormais rendues réalisables par les progrès de la science;  or l’ un des mensonges actuels consiste à laisser subtilement croire que les minorités homosexuelles sont victimes depuis trop longtemps d’une injustice. Un grand nombre de défenseurs du projet, peu enclins à méditer en profondeur les évolutions de société,  s’exclament même: “Cela aurait du être fait depuis longtemps ! C’est intolérable ! ” . Je remarque, en outre, que personne ou presque  dans les “médias grand public”, dont le degré d’objectivité sur le sujet est proche de zéro, ne s’interroge réellement  sur le contenu de cette détermination.

Si un homosexuel a choisi d’être hors de la norme, parce qu’au fond il se complaît dans une forme de marginalité et  trouve pourquoi pas, un moyen d’accroître son estime personnelle en ne faisant pas comme ces “moutons d’hétéros“, son désir d’égalité n’a pas de sens. Vouloir fonder une famille reviendrait à revendiquer le droit d’être à la fois dans et hors de la norme. Des analystes pertinents ont pointé du doigt cette profonde contradiction qui traduit selon moi, le mal être d’un certain nombre de militants pro-mariage. Mal être qui envahit toute la société.  Mal être dont l’écho dans les médias est retentissant, sans doute du fait de la sur-représentation de cette communauté dans le milieu journalistique ainsi que d’une volonté des gouvernants de se trouver des combats à leur taille, et qui tendrait presque à occulter le fait qu’il n’y a pas que les gays et les lesbiennes qui souffrent. La victimisation est l’un des piliers de la stratégie de conquête des minorités, prétendument opprimées. A ces champions de la “com” victimaire, il serait bon de rappeler que leur lutte est possible parce qu’ils vivent dans un pays particulièrement ouvert et tolérant.

D’ailleurs s’agit-il comme l’expliquent Mathieu Nocent et Nicolas Gougain (représentants de l’inter-LGBT) de la dernière grande discrimination institutionnelle en France ? Non ! Là aussi c’est une vue de l’esprit clairement manipulatrice. Il n’existe de discrimination qu’à partir du moment où la définition du mariage a commencé à être modifiée – d’abord dans les esprits, bien sûr, d’où le travail continu des propagandistes depuis une dizaine d’années. Il est plus juste de parler “d’ouverture de certains droits à tous“. En réalité et beaucoup l’ont compris, sous prétexte d’égalité, c’est toute une vision de la famille, cellule de base de la société, qui va être refondée. L’enjeu de cette révolution, non pas seulement réforme, va bien au-delà du seul problème égalitaire. Mme Taubira pourtant souvent adepte de la langue de bois, a reconnu publiquement que sa loi constituait un “changement de civilisation“. Religieusement attachée au progrès, au politiquement et médiatiquement corrects, cette prométhéenne revendiquée ne pourra cependant jamais admettre qu’au bout du compte la valeur égalité est ici instrumentalisée à des fins peu transparentes et incertaines. “Il faut vaincre la peur de l’inconnu, coûte que coûte !” pensent en secret les idéologues promoteurs d’une loi en faveur de celles et ceux qui volontairement ou pas, refusent l’altérité sexuelle dans leur relations intimes.

Mais plus important que cela, j’y reviens, cette curieuse évolution qui consiste à utiliser conjointement le droit à la libre sexualité et le droit à l’égalité par le déterminisme de cette même sexualité. C’est bien parce que des milliers de gays et lesbiennes se disent déterminés et donc naturellement homosexuels, qu’ils peuvent revendiquer le droit de “fonder” une famille. C’est seulement en questionnant ce déterminisme que l’on pourrait, d’un point de vue philosophique, remettre en cause le désir de quelques milliers de nos concitoyens. Ce point essentiel ressort parfois lors de débats. Par exemple, durant l’émission “mots croisés” du 14 janvier dernier, Bruno Gollnisch et Mme la ministre Najat Vallaud Balkacem ont eu un bref, trop bref, échange à ce sujet. Le premier invoquant le “choix” des homosexuels a été immédiatement contredit par la jeune et fort arrogante ministre.

La dimension naturelle de l’homosexualité est souvent sujette à discussion. Je n’ai pas la prétention de trancher la question, fort complexe au demeurant. Je me permets de remarquer qu’elle est profondément inscrite  dans le débat qui nous intéresse. C’est, entre autres, ce qui explique le faux paradoxe des écologistes que ne comprennent pas les opposants au mariage pour tous. En effet, les écologistes ne considèrent pas cette forme de sexualité comme étant contre-nature et c’est en ce sens qu’ils luttent pour les nouveaux droits des minorités concernées.

Les homosexuels les plus responsables sont finalement ceux qui ne se cachent pas derrière un déterminisme douteux pour obtenir des droits que la nature ne peut leur offrir. Leur choix exprimé est-il une habile façon de camoufler discrètement une forme de culpabilité ? Cette arrogance à peine déguisée qui existe chez tout un chacun, ne se confond-elle pas avec une confortable croyance garante de stabilité psychique ? Quoi qu’il en soit, ils n’ont pas la prétention de bouleverser un système dont ils sont eux aussi les dépositaires.

Enfin notons qu’en terme de liberté une autre évolution est en cours, rappelant des dérives passées et passéistes. Sous couvert de lutter contre l’homophobie, l’un des grands maux de notre société d’après nos lucides gouvernants, il devient immoral de porter un jugement sur l’homosexualité. La désapprouver en public, se dire gêné par des comportements impudiques qui d’ailleurs peuvent être punis par la loi  conduisent immédiatement à la riposte la plus en vogue : “Tu es donc homophobe !”. L’actuelle ministre du droit des femmes, citée plus haut, entend même faire bannir les propos racistes, xénophobes et homophobes sur Twitter ! Un bon point pour cette responsable irresponsable: Mme Belkacem semble avoir compris que des traditions, ici la tendance liberticide des mouvements extrémistes de gauche, ne s’opposent pas forcément à une vision du progrès, à ses yeux lié à l’avènement d’une société entièrement “lissée”.

Le nouvel ordre mondial passe par un nouvel ordre moral.

Risquons-nous à une courte synthèse: c’est l’évolution de l’homosexualité, moins subversive mais apparemment plus ancrée dans la norme,  qui a créé “l’insupportable discrimination” dont sont l’objet nombre de “citoyens et citoyennes de seconde zone” d’après la très médiatique et pas encore assez controversée Caroline Fourest. De la même manière on peut légitimement penser que demain, “l’évolution des moeurs”, concept très souvent instrumentalisé par les progressistes, fera jaillir de nouvelles injustices, difficilement imaginables à l’heure actuelle. Ces conquêtes sociétales ne sont-elles pas condamnées à une fuite en avant perpétuelle de l’insatisfaction ?  Une INSATISFACTION probablement souhaitée et entretenue car particulièrement profitable ?

B-G

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2 Comments

Filed under Débats sociétaux

2 responses to “De l’homosexualité choisie à l’homosexualité subie: la liberté de l’homme battue en brêche ?

  1. Pingback: Par le bout du nez !!! | •·.·´RASleBOLisTan DéChaîNé`·.·•

  2. Je viens de faire suivre cet article, en lien avec celui qui m’a donné beaucoup de travail hier. Je ne suis pas fière d’avoir été si longue, mais j’ai voulu donner une vision d’ensemble sur le problème actuel. J’espère qu’il me sera un peu pardonné au paradis des blogueurs, vu la gravité du moment…
    Et maintenant je vais voir si j’ai fait le bon choix pour la vidéo !
    Bonne journée

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